Je suis du genre droit, comme la loi. Lundi, je suis le flic qui joue du révolver. Tel un inspecteur Harry dans un magnum force, je tire sur tout ce qui bouge et même ce qui ne bouge pas. Ceux qui en doute, verrons bien, le jour où mon 360 viendra leur titiller le machin. Innocents ou truands, pour moi tout ceci s'apparente à la même chose, car qui vraiment respect parfaitement les lois ? Je dois bien l'avouer personne, mais seule différence entre vous et moi, ma carte de police, mon passe droit, qui lorsque j'interviens résonne à vos oreilles comme un bourdonnement d'insecte, un véritable enfer. Mon passe droit, mon passe pour le n'importe quoi.
Je suis du genre chiant, comme les gens d'antan. Mardi, je suis le vieux qui vous casse les couilles. Tel un retraité ne sachant plus s'amuser, je vous épie de ma fenêtre, vis à travers vous et vous guette, et attention, vicieux jusqu'au bout si je le pouvais, même dans vos toilettes. Je ne fais pas la queue moi monsieur, j'ai 60 ans et à la retraite. Je fais mes courses aux heures de pointes, une manière encore d'être chiant, ou peut être, mon côté actif qui tente de renaitre. Je ne passe pas au passage clouté, et puis quoi encore, je suis vieux et en bonne santé, les voitures n'ont qu'à s'arrêter. La vieillesse, mon passe droit, qui lorsque j'interviens résonne à vos oreilles comme un bourdonnement d'insecte, un véritable enfer. Mon passe droit, mon passe pour le n'importe quoi.
Je suis du genre in, comme le camping. Mercredi, je suis le mec du super marché, en jogging bien serré qui déambule avec son petit caddie. Ma voiture, mon bébé, même ma femme et mes enfants, n'ont pas plus d'importance que ce petit objet. Le tuning, qui s'apparente à un jeu, le bal des horreurs en mal déguisé. Matte la sono comme elle est bonne, de quoi te défriser un Jackson Five ou plutôt de le faire se retourner dans ses quatre planches dorées. Mon autre bijou, ma caravane, pour les vacances, ouah !! A chaque coup je suis en transe, concours du tee-shirt mouillé, dans le bon goût et le second degré, Pastis, d'ailleurs on ne sait plus franchement à quel degré il est, pas même le matin au levé, lorsque j'attaque sans n'avoir toujours pas cuvé. La beauf attitude, mon passe droit, qui lorsque j'interviens résonne à vos oreilles comme un bourdonnement d'insecte, un véritable enfer. Mon passe droit, mon passe pour le n'importe quoi.
Je suis du genre riche, comme papa. Jeudi, je suis le jeune qui fait ses courses sur les champs Elysée, le fait d'être bien habillé est toujours important, mais l'argent ne sort pas de mon porte monnaie, non pas franchement. Mon père, mon salaire. Je passe mes nuits à inquiéter ma mère qui n'a en aucun cas de prise sur moi, mon père, lui, dans ses affaires. Mes nuits, des boîtes à tout-va, je suis le digne fils à papa, décalé par rapport au reste majoritaire de la terre, je tente de prendre des faux airs et des langages à coup de nique ton grand frère ou flute et reflute, j'ai fait tomber mon verre. Oui, mon naturel ressurgit, ça m'exaspère. Mon côté riche que je n'assume pas, puisque d'ailleurs je ne le suis pas, je tente pour le mieux de m'intégrer en suivant l'exemple de ces noirs ou ces arabes enfin bon, de ces émigrés, que je n'aime pas côtoyer. Futur riche, mon passe droit, qui lorsque j'interviens résonne à vos oreilles comme un bourdonnement d'insecte, un véritable enfer. Mon passe droit, mon passe pour le n'importe quoi.
Que mes semaines sont épuisantes, d'être ces caricatures qui ne le sont pas, alors voilà mon passe droit, des week-ends de trois jours. Et au nom de quoi ? Au nom de personne, juste qu'il n'y a pas que les cons qui ont le droit de faire n'importe quoi...
Dan Pocquet